Chalres WASHETINE était l'invité de RRB où il a défendu l'ADN.
L'accord de Nouméa est un processus qui permet à la Nouvelle-Calédonie de s'émanciper. Donc, on est là-dessus et on le fait d'autant plus qu'aujourd'hui, nous sommes quasiment les seuls à nous retrouver à porter cet accord, quand on sait qu'un des signataires, notamment le signataire local se dit désengagé de l'accord...
Journaliste : Charles Washetine, bonjour !
Charles Washetine : Bonjour !
Journaliste : Merci d'être venu dans les studios de RRB en rentrant
d'Ouvéa où vous étiez ce matin. Vous êtes donc le candidat unitaire du
FLNKS dans la première circonscription. Pourquoi, selon vous, est-ce vous
qui avez été choisi ?
Charles Washetine : Je crois que c'est avant tout le choix de notre
organisation politique qui est le front, ce sont les mêmes critères qui
ont prévalu pour la nomination de l'autre candidat, dans la deuxième.
Journaliste : Mais, tout de même, quelles sont vos qualités, pourquoi
c'est vous plutôt qu'un autre ?
Charles Washetine : Je crois que la campagne déterminera toutes ces
choses-là. Pour le moment, on est en campagne et on va à la rencontre des
gens et on essaye de voir exactement ce que les gens attendent d'une
certaine manière de nous.
Journaliste : Être soutenu par l'UC, vous qui êtes membre du Palika,
est-ce que ça vous étonne ou est-ce que ça vous semble naturel ?
Charles Washetine : Non, je crois que c'est la logique qui a présidé à la
création du front, donc, on connaît les difficultés du fonctionnement du
FLNKS, mais on sait aussi que le FLNKS sait se retrouver à un moment où il
est effectivement important que le front se retrouve.
Journaliste : Mais tout de même, que vient faire un indépendantiste dans
une élection nationale comme les législatives ?
Charles Washetine : L'accord de Nouméa. On sait que l'État est un des
partenaires de l'accord et on a besoin effectivement d'avoir quelqu'un qui
effectivement parle de la mise en œuvre de l'accord de Nouméa.
Journaliste : Et c'est le thème essentiel de votre campagne ? Sur quoi
faites-vous campagne ? Quel est le message que vous donnez à vos
interlocuteurs, à vos électeurs potentiels ?
Charles Washetine : Que l'on comprenne ce qui en réalité a fondé l'accord
de Nouméa. Nous, nous le disons : l'accord de Nouméa est un processus qui
permet à la Nouvelle-Calédonie de s'émanciper. Donc, on est là-dessus et
on le fait d'autant plus qu'aujourd'hui, nous sommes quasiment les seuls à
nous retrouver à porter cet accord, quand on sait qu'un des signataires,
notamment le signataire local se dit désengagé de l'accord, et que dans le
même temps, l'État également, on a vu dernièrement se renouveler les
instances de l'État, nous, on est dans la continuité.
Journaliste : Il y a tout même un autre interlocuteur, l'Avenir Ensemble,
qui lui aussi fait campagne sur l'accord de Nouméa, tout l'accord de
Nouméa. Vous vous retrouvez sur cette vision de l'accord ?
Charles Washetine : Ils ont la vision qui est la leur. On sait que
l'Avenir Ensemble se bat pour que le pays reste dans le giron de la
France. C'est pas notre combat. Nous, on a estimé que la
Nouvelle-Calédonie a les moyens, les potentialités effectivement de
s'émanciper, et il y a des obligations donc, qui incombent aux
partenaires, comment ensemble, on met en œuvre l'émancipation du pays.
Journaliste : Mais alors, dans cette mise en œuvre, selon vous, il y a une
mise en œuvre indépendantiste, et une mise en œuvre non indépendantiste.
Comment est-ce qu'on peut traduire l'application de l'accord de Nouméa ?
Charles Washetine : Je crois que quand on écoute ce qui se dit, au moment
de la campagne, aujourd'hui, on a tendance à avancer la notion
d''indépendance et à le brandir comme un spectre. Or l'accord dit bien :
ce n'est qu'en 2014 que les citoyens de ce pays, les habitants de ce pays,
puisque c'est notre corps électoral, se déterminant sur le devenir du
pays, dans les liens qu'il entretient avec la France, tout en sachant que
l'accord lui-même, dit qu'il appartiendra à la Calédonie de refonder un
lien peut-être nouveau avec la France. Nous sommes dans ce schéma-là.
Journaliste : Dans le détail, à part l'accord de Nouméa, il y a d'autres
thèmes qui sont porteurs quand on est candidat aux législatives ?
Charles Washetine : Des thèmes qui sont écrits dans l'accord : la question
du rééquilibrage, est-ce qu'aujourd'hui, les citoyens sont en mesure de
voir qu'effectivement le rééquilibrage se fait sur le terrain, la question
des transferts qui est une question essentielle, qui permet à la
Nouvelle-Calédonie effectivement d'assumer pleinement son rôle de ce qui
est écrit dans l'accord, donc des chantiers qui restent ouverts où on dit
qu'il faut que tous les partenaires se retrouvent.
Journaliste : Le rééquilibrage, vous avez l'impression que c'est une
réalité aujourd'hui, dans la province des îles qui concerne votre
circonscription ?
Charles Washetine : Je crois qu'il faut aller voir sur place. On a le
sentiment tant dans la province des îles que la province Nord, il y a des
choses aujourd'hui qui se réalisent, même si l'usine du Nord, pour
certains, ne la voient pas sortir de terre, mais quand on va dans la zone
où effectivement va s'établir cette usine, on voit qu'effectivement, on
est en train d'asseoir les fondements de cette usine.
Journaliste : Les infrastructures qui vont l'accompagner, mais pas encore
de l'usine, on voit pas trop comment elle va se faire. Si ? Vous avez des
certitudes, vous ?
Charles Washetine : Peut-être pas des certitudes, mais au moins des
convictions, parce que ce sont des convictions partagées avec les
partenaires de l'accord qui parlent de cette réalisation de l'usine, parce
que c'est avant tout un projet de rééquilibrage.
Journaliste : Alors, dans la première circonscription, il y a 9 candidats
au total. Est-ce que vous avez un adversaire principal ? Comment est-ce
que vous voyez les choses ? Comment vous voyez cette répartition entre les
9 candidats ?
Charles Washetine : Nous, on a tendance à ne regarder que nous, d'autant
qu'en face, effectivement, je dirais qu'ils sont tous dans la même
mouvance. Ce sont des partis politiques qui prônent le maintien de la
Nouvelle-Calédonie dans la France. Nous, on dit sur le sujet : attendons
le moment venu. On est un petit peu le seul à porter un projet qui soit un
peu différent de ceux d'en face.
Journaliste : Avec l'USTKE, est-ce que Louis Kotra Uréguei est l'un de vos
adversaires.
Charles Washetine : L'USTKE, c'est Louis Kotra Uréguei qui est patron de
cette liste. On rappelle simplement que dans le projet politique, nous, on
se bat pour des valeurs, pour prendre un raccourci, de gauche, pour que le
socialisme voie le jour ici. Il faut se battre pour que cela devienne une
réalité.
Journaliste : Mais vous en voulez tout de même à l'USTKE d'avoir présenté
des candidats alors que vous partiez sur des candidatures unitaires ?
Charles Washetine : C'est le choix qui est le leur. On sait que l'USTKE a
été un des membres fondateurs du front. Ils sont partis de la case. Nous,
on est restés. On connaît les difficultés de notre fonctionnement, mais
parce qu'on a des convictions, on continuera à travailler dans le cadre du
mouvement qui est le FLNKS.
Journaliste : Mais tout de même : il risque de vous enlever des voix.
Charles Washetine : Ça, c'est la campagne qui nous le dira, si à la
sortie, effectivement, on aura été puiser dans notre électorat. Mais je
reste optimiste.
Journaliste : Vous y allez pour gagner à ces élections législatives ou
seulement pour participer, pour en faire une tribune ?
Charles Washetine : Alors, on va dire que compte tenu de la configuration
du corps électoral, et au vu notamment des résultats des présidentielles,
on sait qu'on n'a pas de chance, mais nous, notre objectif, et on le dit
aussi dans le cadre de notre campagne : le premier objectif, c'est d'être
présent au second tour. Et on y travaille pour ça. Et j'ai le sentiment,
au vu des premières rencontres que l'on a eues, qu'effectivement, on peut
jouer les trouble-fête durant cette campagne pour ces élections.
Journaliste : Mais si vous voulez être présent au second tour : dans un
duel ou dans une triangulaire ? Vous pensez qu'un duel serait possible ?
Charles Washetine : En tous les cas, pour nous, à la sortie de ces
législatives, on verra comment se seront déterminés les électeurs, mais
surtout, on pourra dire quels sont les intérêts aujourd'hui qui vont se
converger. Il y a des alliances pour des intérêts, on va dire communs.
Mais si demain, on n'espère pas, mais qui nous dit qu'au lendemain du
second tour on ne verrait pas Pierre Frogier se retrouver avec les autres
partis loyalistes, avec Gomès ou encore avec Jacques Lafleur, ne serait-ce
que pour éviter que le mouvement indépendantiste se retrouve représenté au
sein de l'Assemblée nationale ?
Journaliste : Et au second tour, si vous n'êtes pas présent, quelle sera
votre attitude ? Vous l'avez déjà envisagé ?
Charles Washetine : Pas pour le moment. Sinon, on n'irait pas à la bataille.
Journaliste : Vous passez beaucoup de temps dans les îles. Vous avez
l'impression que c'est là qu'est le gros de votre électorat ?
Charles Washetine : Oui, on le pense sincèrement, mais on pense aussi
qu'on a un électorat potentiel dans la ville de Nouméa. Donc, on mène
campagne sur les deux fronts, et surtout, on mène campagne pour dire aux
gens de voter. C'est une campagne pour affirmer le droit de décider pour
soi. C'est la question du bulletin dans l'urne pour préparer le pays.
C'est une façon, pour nous, de dire : on se bat pour un pays démocratique.
Participer aux élections peut être un moyen pour que les citoyens
effectivement s'expriment.
Journaliste : Ce serait déjà une première victoire, s'il y avait une forte
participation, parce qu'on sait que dans les îles notamment, l'abstention
est forte.
Charles Washetine : L'abstention est forte et on l'a vu aux dernières
élections présidentielles. Si on arrive à mobiliser 50 %, 60 % de notre
électorat dans les îles, on peut penser qu'on passera le cap du premier
tour.
Journaliste : Charles Washetine, merci d'avoir accepté notre invitation.
Charles Washetine : Merci beaucoup.
Consultez le blog de Charles WASHETINE sur http://washetine-charles.over-blog.fr